Réfléchir ensemble
au sens à donner
aux progrès de la
médecine, au service
de l'homme
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Il est formidable que la médecine et le progrès médical permettent l'émancipation des hommes et accroissent leur liberté. C'est ainsi que les luttes contre les maladies, les malformations, les handicaps, ou encore l'infertilité doivent être encouragées.
En démocratie, rien ne peut entraver la liberté d'un individu, si ce n'est le devoir commandé par l'intérêt supérieur ou le droit d'un autre individu. Cette émancipation ne peut donc avoir comme limite que :
- l'intérêt général;
- les droits des hommes; des femmes; des enfants.
Reconnaître d’autres droits aux noms de l’éthique reviendrait à faire valoir des principes abstraits ou subjectifs et à les imposer arbitrairement. Il en irait ainsi si l’on reconnaissait, par exemple, un statut de vie humaine à l’embryon, ou si on limitait la recherche sur les cellules souches. L’on ferait valoir la supériorité de certaines croyances sur d’autres et au nom de ces croyances, on limiterait arbitrairement le droit de certains à chercher les conditions du progrès et de l’amélioration du bien-être humain en général .
En revanche, la reconnaissance pleine et entière des droits de l’homme, de la femme et de l’enfant, devrait pouvoir aboutir à certaines évolutions législatives, sous l’impulsion de la réflexion sur la bioéthique (éthique de la vie) :
-ainsi le droit à la connaissance de sa filiation devrait pouvoir être garanti, l’enfant ne pouvant se construire sur le fondement du mensonge et de la dissimulation, surtout si celle-ci est organisée par les pouvoirs publics.
-également le droit à mourir dans la dignité pourrait être reconnu, afin d’éviter à tous ceux qui le souhaitent des dégradations physiques et mentales inhumaines et souvent la prolongation insoutenable pour les familles de l’agonie.
-encore le droit à disposer de con corps, aussi bien pour le don d’organe que pour l’interruption de grossesse ou l’acceptation des soins.
Dans ce domaine, la dignité humaine doit servir de fondement clair à toute législation. C’est la dignité humaine qui doit servir de guide. Ainsi une famille doit pouvoir juger digne en liberté de garder le fœtus qu’elle conçoit quel qu’il soit, comme elle doit pouvoir juger digne de ne pas garder un fœtus altéré par une grave malformation.
En revanche, une distinction très nette doit être posée entre la recherche médicale à des fins curatives et la recherche génétique à des fins prédictive :
-si la prédiction a comme finalité l’anticipation de la maladie, elle doit permettre une meilleurs prise en charge médicale et un choix assumé en conscience concernant l’avenir de chacun ;
-si en revanche elle sert à prédéfinir le caractère d’un individu (son degré de dangerosité par exemple), elle doit être formellement proscrite comme contraire à la liberté individuelle et à la présomption de progrès qui doit prévaloir pour tout être humain.
Enfin le questionnement bioéthique devrait se pencher sur l’utilisation par l’Etat des moyens médicaux à des fins de politique de prévention des risques et de sécurité. Le passeport biométrique ou les tests ADN pour contrôler l’immigration participent d’un dévoiement profond du progrès technique et médical à des fins de réduction de l’homme à des caractères matériels, afin de mieux le surveiller et le contrôler. La bioéthique devrait se prononcer très clairement contre ces dévoiements.