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Lors de ma grossesse, on m’a hospitalisé pour un potentiel ‘retard de croissance intra utérin’ car entre deux écho (réalisées par 2 échographes différents) les médecins ont pensé que mon bébé avait peut être arrêté de grandir. Cependant, depuis je me suis rendu compte que c’est la différence de techniques de mesures entre les échographes qui a enclenché ce processus. J’ai été hospitalisée d’urgence, sans même rentrer chez moi prendre des affaires. Il a été question d’une « extraction » immédiate (ce sont les mots de l’échographe), on m’a injecté des corticoïdes pour aider les poumons du bébé à se terminer plus vite (je n’étais qu’à 7 mois de grossesse). Finalement, je suis restée 2 jours sans savoir ce qui se passait ! Puis sous observation 15 jours, et enfin l’accouchement a été déclenché et s’est de ce fait très mal passé. J’ai eu une grossesse anxiogène au possible, pour rien. Mon fils est en plein forme, mais à un moment de sa vie in utéro il ne collait pas complètement à la norme et sortait de la courbe....il a été question de me faire un diagnostic pré natal, mais je l’ai rejeté d’emblée, ne voulant pas risquer de perdre mon bébé. Dans la même situation, une autre femme aurait peut être accepté l’amniocentèse, et aurait peut être fait une fausse couche.
Je pense que la surmédicalisation des grossesses n’est pas forcement bonne. Les gynécos et obstétriciens subissent une telle pression qu’ils ont un devoir de « résultat », c'est-à-dire de mettre au monde un bébé parfait, et sinon de l’éliminer. Quand on sait que juridiquement, un obstétricien ne prend aucun risque à perdre un bébé sain (1% des amniocentèses induisent une mort in utéro) alors que laisser venir au monde un enfant avec une malformation ou un problème quelconque le met en risque de subir un procès ? Je crois qu’il y a là un problème majeur.
Le DPN est bon s’il permet de traiter in utero une pathologie, d’organiser au mieux une grossesse, de prévoir un accouchement à risque (placenta accreta ou autre), d’ajuster un traitement ou une alimentation, d’opérer l’enfant ou de lui prévoir des soins particuliers à la naissance. Mais le DPN n’est plus acceptable quand il vise à éliminer les malades (presque tous les trisomiques par exemple) ou qu’ils entrainent des avortements pour des pathologies plus ou moins graves.
Je trouve terrible qu’on puisse induire la mort d’un fœtus, et cela jusqu’à la veille du jour de l’accouchement, car il est potentiellement atteint d’une pathologie ou d’un défaut, alors que ce n’est pas ce problème là qui le tue mais une injection mortelle et un accouchement prématuré, qui conduit le bébé à finir avec les déchets hospitaliers. Jusqu’ou va-t-on aller dans le choix de sélectionner les êtres humains ? Les handicapés n’ont-ils pas le droit de vivre ? Quel grave message cela envoie il aux accidentés de la vie, qui eux, existeront toujours ? Pourquoi aurions nous le droit de vie ou de mort sur certains d’entre nous, en particulier sur les plus fragiles ? La peine de mort à été abolie en France, mais elle se restaure insidieusement sous une nouvelle forme.
Je pense qu’il faut privilégier la solidarité nationale envers tous. Il n’est pas normal que des parents qui attendent un enfant différent soit poussé à l’éliminer parce que ils ont la peur bien légitime de l’assumer seuls, car la société les rejette d’emblée et qu’aucune structure adéquate ne les attend ? Qui peut juger que la vie d’un handicapé ne vaut pas le coup d’être vécue ? Certains sont bien plus heureux que de nombreux valides. Les handicapés ont la même valeur, inestimable, que les valides, ils nous rappellent que les dons sont multiples et ne résident pas que dans nos capacités intellectuelles ou physiques, ils donnent au monde une image de simplicité, de vérité et d’humilité. Le handicap nous guette tous avec la vieillesse, on ne peut pas rejeter les personnes différentes et en aucun cas on a le droit de les éliminer. Il y a en France un eugénisme déjà trop présent, il ne faut pas continuer dans cette voie qui est une régression de notre société.