Réfléchir ensemble
au sens à donner
aux progrès de la
médecine, au service
de l'homme
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Concernant les mères porteuses, ou la « gestation pour autrui », il est fréquent d’entendre l’argumentaire suivant :
- pas de rémunération pour éviter le commerce d’enfants ;
- intention généreuse et désintéressée de la mère porteuse ;
- chance (ou droit) d’avoir un enfant ;
- hypocrisie de la loi française qui force à se rendre à l’étranger.
La loi ayant pour objectif de satisfaire le moins mal possible le bien commun, et non de satisfaire les désirs particuliers ou communautaires, je tenterais d’apporter les quelques éléments de réflexion suivants :
- est-on bien sûr de pouvoir éviter toute rémunération (officielle ou « au noir »), alors même que certain(e)s demandent une rémunération pour le don d’ovocytes, sous prétexte que l’on manque de « donneuses » et que ce n’est pas un acte anodin ? Porter un enfant pendant neuf mois serait-il banal ? Qui sera la cible : la jeune femme dynamique, intégrée dans la société et gagnant bien sa vie ? Ou la femme plutôt défavorisée cherchant un statut…ou une rémunération ? Est-on sûr de pouvoir éviter une nouvelle forme d’exploitation ?
- satisfaire le désir d’enfant…oui mais l’enfant, qu'en dit-il ? on sait quels liens « charnels » se tissent entre une mère (le père aussi) et son enfant pendant toute la grossesse : caresses, paroles d’amour et paroles tout court, partage intense des émotions…veut-on priver l’enfant de son droit le plus légitime d’être porté par sa vraie mère ? peut-on honnêtement imaginer une grossesse « neutre » ? et si elle n’est pas neutre, quel déchirement à la naissance pour l’une, quel désir de « possession » excessive…et pourtant partiel pour l’autre ?
- il est vraiment du ressort de la loi de protéger les plus faibles contre les désirs des plus grands. L’hypocrisie ne vient-elle pas de ceux qui, même avec « sincérité » et à cause de leur souffrance (qu’il faut véritablement savoir accompagner), ont tendance à prendre leur désir pour un droit absolu ?
Oui à la vie, trois fois OUI, mais non à une maternité éclatée, indigne de l’enfant !