Réfléchir ensemble
au sens à donner
aux progrès de la
médecine, au service
de l'homme
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J'ai lu beaucoup d'avis postés sur les différents sujets proposés. Je me pose une seule question au moment où nous ne pourrons plus réfléchir ensemble via Internet : qu'en est-il aujourd'hui en France de la condition féminine ? Au fur et à mesure que les semaines passaient, après la lecture aussi du livre de Sylviane Agacinski, "Corps en miettes", qui m'a beaucoup marquée, mes questions se sont déplacées. Puisse notre vulnérabilité de femmes, qui savons corporellement qu'en mettant au monde un enfant nous mettons au monde un être mortel, et que nous le sommes aussi, mortelles, parce qu'une grossesse c'est toujours un pari sur l'avenir mais aussi une prise de risque pour soi-même, quelle que soit la qualité du suivi de grossesse, puisse donc notre vulnérabilité de femmes faire le poids dans les décisions qui seront prises et la loi qui sera votée, alors que nous sommes si peu représentées dans les instances politiques et parlementaires de notre pays. Qui d'entre nous aime aller chez le gynéco pour "les besoins de la cause" ? Qui d'entre nous aime vraiment se prêter à des analyses régulières ? Qui d'entre nous apprécie des examens dont il faut attendre les résultats en faisant, au travail, comme si ça n'avait pas d'importance ? Pour qui fait-on tout ça ? Et quel(s) bénéfice(s) en tirons-nous ? Quelle école voulons-nous pour nos enfants qui, s'ils ne sont pas handicapés, sont toujours tordus, pas "comme il faut", pire des prédélinquants en herbe ? Et plutôt que de porter des diagnostics prénataux ou pré-implantatoires, quel diagnostic portons-nous sur notre société ? Dans une génération, des sociologues avertis ne diront-ils pas que le peu de cas fait de la parole des femmes dans le débat public a contribué à un manque d'inventivité pour mettre de la vie là où il y en avait trop peu...? Car, dans le fond, de tous ces maux qui nous sont peu ou prou imposés, qui de nos filles écologiques en voudra ??? L'autre jour, j'ai rêvé qu'à notre place tous les hommes de notre entourage allaient se faire examiner, puis attendre des résultats... Ils étaient verts d'angoisse. Et j'ai rêvé ensuite qu'aucun terme de la loi ne pourrait être pensé comme avant, après cet exercice de "mise en situation" imposé. C'est important les diagnostics, mais c'est un peu comme certaines réunions de travail: si c'est pour tourner en rond dans un bocal, à quoi ça sert ? Si, pour chaque grossesse les femmes vont se demander maintenant si c'est mal barré ou si elles vont avoir un enfant mal foutu, où va-t-on ? Il y a sûrement des pratiques nécessaires en certains cas mais attention aux effets secondaires de ces pratiques sur notre société dont le maître-mot est trop souvent la peur.