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garder l'anonymat des gamètes parît le plus sage


Avis de Patrick - Garéoult - publié le 04/06/2009 sur l'assistance médicale à la procréation

Le droit pour l'enfant conçu d'avoir accès à sa filiation biologique peut éviter pour lui la souffrance de ne pas savoir, ne pas se situer. Pesons cet argument :
- Bien sûr, le biologique n'est pas tout mais il est la partie spécifique sur laquelle se greffera tout ce que l'on pourrait englober dans le terme de culture au sens large (de la reconnaissance de son ou de ses parents qui l'auront élevé, de ses apprentissages, de ses valeurs...) . Il est donc question de vérité. L'enfant souffre de ne pas savoir, de ne pas connaître "sa vérité"? Il faudrait qu'il sache .
Mais :
Cette connaissance peut poser des difficultés à la famille qui l'accueille. L'adoption engendre aussi ce genre de difficultés.
Le don de gamètes disponibles peut aussi diminuer par crainte des donneurs d'être reconnus quelques dizaines d'années plus tard.
Le risque de dérive mercantile augmentera. La semence des étalons se monnaye. Le prix dépend des victoires passées du "père" si on choisit le monde des courses.de
La législation sur la transmission du patrimoine devra être modifiée. Il existe un risque dans ce cas de créer une une nouvelle forme de filiation, type enfants naturels technologiques n'ayant pas le statu classique des enfants nés naturellement, n'ayant pas les mêmes droits
Cela paraît difficile à gérer car on propose à l'enfant une filiation de connaissance uniquement qui n'aura peut être pas la force de tutorat qui lui permette de s'inscrire avec force dans l'histoire humaine .
Au total le risque de fragiliser l'enfant et de la famille sont réels, alors que l'argument de départ qui était de faire en sorte que l'enfant soit plus en paix, plus fort, perd de sa pertinence.
La lever de l'anonymat ne pourra donc pas faire cesser la souffrance existentielle de l'enfant conçu qu'il lui faudra accepter comme tout être humain, un peu différent des autres, mais unique.

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