Réfléchir ensemble
au sens à donner
aux progrès de la
médecine, au service
de l'homme
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La recherche sur l'embryon est actuellement interdite en France, mais des dérogations sont accordées à condition que les projets de recherches soient susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et ne puissent être poursuivis par une méthode alternative d’efficacité comparable, en l’état des connaissances scientifiques. Il me semble que ces critères de dérogation sont baisés. En effet, le principe même de la recherche est qu'on ne sait pas lorsque l'on commence ce que l'on va trouver, et qu'il est donc impossible de déterminer si le projet de recherche en cours est susceptible de permettre un progrès thérapeutique, même mineur. De même, si on ne sait pas ce qu'on va trouver, comment peut-on affirmer a priori qu'aucune méthode d'efficacité comparable n'existe? Je m'interroge donc sur les critères qui ont conduit à autoriser les protocoles de recherche actuellement en cours... Je trouve cela inquiétant, car dès lors que l'on autorise certains chercheurs à faire des recherches sur l'embryon, pourquoi le refuser à d'autres, surtout si l'on ne dispose d'aucun critère objectif permettant de légitimer ces recherches ? Il me semble que c’est une porte ouverte à l’autorisation de toute recherche sur l’embryon, sans aucune considération d’ordre éthique.
Par ailleurs, le statut de l’embryon n’est pas clairement défini. Il y a donc une possibilité pour qu’il soit un être humain. Au nom du principe de précaution – que nous invoquons pour interdire la culture des OGM, pour démanteler des antennes de téléphonie mobile qui pourraient être nuisibles à la santé des riverains - nous devrions donc interdire la recherche sur l’embryon : car détruire un être humain pour faire avancer la recherche ne devrait pas être permis. Tout le monde s’accorde, à raison, pour condamner les méthodes d’expérimentation faites par les médecins nazis sur les prisonniers des camps de concentration. Ils ont pourtant permis de faire avancer la médecine, mais la négation de la dignité de la personne humaine rend ces expérimentations totalement inacceptables. Faisons le parallèle avec l’embryon : certes la recherche, y compris fondamentale, sur l’embryon, permettrait probablement des avancées. Mais, ces projets se faisant au détriment de la dignité de la personne humaine qu’est l’embryon, ils sont inacceptables.
Si encore les recherches sur l’embryon étaient extrêmement prometteuses, on pourrait concevoir qu’il soit difficile de renoncer à cette source d’avancées thérapeutiques. Pourtant, leur efficacité n’est pas du tout démontrée, et aucun essai clinique n’est actuellement en cours sur de telles cellules. Parallèlement, les cellules souches adultes, les cellules souches de sang de cordon et les cellules souches pluripotentes induites sont bien plus prometteuses et ont déjà des résultats thérapeutiques (les cellules souches du sang de cordon permettent par exemple de soigner plus de 70 maladies – voir le site de Cryo-save, banque de cellules souches : http://www.cryo-save.com/fr/les_therapies_actuelles.html). Pourquoi, dans ces conditions, continuer à investir dans la recherche sur l’embryon, alors que d’autres alternatives d’efficacité comparable – et même supérieure – existent, et que ces méthodes ne présentent pas de problème éthique ? Pour toutes ces raisons, je me prononcerais pour l’interdiction de la recherche sur l’embryon, sans régime de dérogation.