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"Peut-on décider que la vie humaine ne vaut la peine d’être vécue que si l’on est en bonne santé ?"


Avis de Benben - LYON - publié le 17/02/2009 sur les diagnostics prénatal et préimplantatoire

Voici la question centrale dont notre société devrait urgemment se préoccuper.
Nous sommes régulièrement admiratifs devant la joie caractéristique des gens de pays pauvres que nous pouvons apercevoir à travers nos voyages, des reportages, des nombreux témoignages qui semblent toujours aller en ce sens.
Nous sommes à chaque fois frappés de ce que malgré leur pauvreté, voire leur misère, ils possèdent mystérieusement une paix, un bonheur que nous cherchons désespérément dans nos sociétés repues et blasées.

Et malgré ce criant constat, nous en sommes toujours à cette fuite pathologique de la souffrance, de la maladie. Pourquoi? Parce que la vie n'a pas de valeur chez beaucoup.
Cela me rappelle ces deux jeunes filles de 14 ans qui se sont jetées du 17° étage : sur l’une d’elle, on a retrouvé ce terrible mot « la vie ne vaut pas la peine d’être vécue ».
Déjà que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue pour trop de personnes en bonne santé, combien plus elle ne vaut rien du tout si on est malade ou handicapé.
Il serait dangereux de satisfaire la forme de dépression cachée dans laquelle baigne une multitude de citoyens en optant pour des lois qui favoriseraient cette fuite de la souffrance (plus pathologique encore que les maladies/handicaps/souffrances qu’elles prétendraient combattre …).
Est-ce vraiment cela que l’on veut offrir à notre pays en mal de vivre ?
C’est de SENS dont notre pays a besoin, et non d’éradiquer à n’importe quel prix la souffrance.
Celle-ci a le malheur de lui rappeler qu’il a bâti sa vie sur des illusions de bonheur.
Avant on pensait qu’être heureux, c’était avoir un bon niveau de vie et de confort, et on a tout fait pour y parvenir. Maintenant ça ne suffit pas, il faut avoir une merveilleuse santé, et on fait tout pour y parvenir, quitte à éradiquer les malades.
Et le pauvre enfant qui a le malheur d’être malade ou d’en présenter des risques n’a plus le droit que de crever… « C’est vrai quoi ! Qu’il nous fiche la paix !! Déjà qu’on ne sait plus quoi faire avec nos vieux, que va-t-on s’encombrer de Gogols et de légumes ?! »
Je suis pour une loi qui ennoblisse l’homme, non qui l’avilisse et l’encourage dans sa perte de sens. Une loi qui s’insurge contre l’eugénisme est porteuse de sens, est porteuse justement de cette valeur de la vie dont les citoyens sont parfois dramatiquement dépourvus. Et c’est là que la loi devient éducatrice, c’est-à-dire porteuse de vie.

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