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à propos de l'importance et de l'enjeu du diagnostic pré natal


Avis de Marine - Carcassonne - publié le 25/04/2009 sur les diagnostics prénatal et préimplantatoire

Je travaille en tant que paramédicale dans les domaines de rééducation et de réadaptation auprès d’enfants et d’adolescents présentant une déficience mentale, associée ou non à une déficience motrice importante. Je trouve intéressant que l’on invite les citoyens, plus ou moins personnellement concernés par le « handicap », à s’exprimer sur ce sujet profond et délicat. En tant que citoyenne, je me pose un tas de questions sur ce que notre société souhaite offrir comme modèle d’humanisme aux enfants désirés et attendus.
Objectivement, de ma position de professionnelle, je me dis parfois, face à un regard, une expression, ou une situation plus ou moins cocasse, que si l’un des enfants, côtoyé à mon travail, n’avait pu voir le jour à cause d’une détection d’anomalie, il aurait manqué à son entourage. Point d’angélisme ou d’idéalisation dans mes propos de professionnelle qui passe huit heures par jour auprès d’ « usagers » plus ou moins dépendants, dont certains mettent parfois la patience de leurs entourages à rude épreuve ! Et pourtant, la fragilité qu’ils présentent, ou représentent de la petitesse humaine, me donne le désir de me surpasser, afin de leur offrir le confort et les adaptations nécessaires pour profiter de la richesse des partages qu’ils sont invités, amenés à vivre en société. Je peux me sentir démunie face à la forte dépendance de ces êtres, c’est vrai : ne pas toujours savoir où l’inconfort se trouve, ce qui ferait plaisir à l’un, ce qui pourrait émouvoir l’autre…peut être frustrant. Je ne suis bien sûr pas toute puissante, et il nous faut du temps pour les observer, et mieux les comprendre (je ne travaille pas dans une industrie très productive, qui rapporte de l’argent ; est-ce là un enjeu ?!…). Mais il me semble qu’il est pourtant des moments à vivre avant de considérer que ces enfants ne ressentent que douleurs et frustrations de ne pas être comme nous ou avoir, faire comme nous. Leur état de conscience fait peut-être qu’ils sont moins suffisants, prétentieux que nous d’ailleurs…
Notre société se dit en recherche de profondeur, d’authenticité, de vrai, d’écologie, de naturel…C’est donc naturel d’ « éliminer » un être fragile et sans défense dans notre société dite civilisée ?...


J’ai récemment visionné une émission d’Envoyé Spécial, avec un reportage sur les mères porteuses en Inde. Que de souffrance, j’imagine, pour des couples qui ne peuvent avoir d’enfant.
Cependant, il me semble qu’il y a un certain nombres de contradictions : la société se donne le droit de fixer des lois, pour fixer des termes limites pour procéder à une interruption de grossesse. D’un pays à l’autre, ces termes sont différents. Parallèlement à cela, lors d’une autre émission visionnée cette semaine sur les Droits de l’Homme, on entend bien qu’un homme est un homme, quel que soit son pays d’origine ; un embryon est donc bien un embryon, quelles que soient les frontières ? Alors pourquoi ses chances de vivre diffèrent-elles d’un pays à l’autre ?
D’un côté, au « mini bébé » désiré : on lui reconnaît un statut, on parle de psychologie, de vie intra utérine, de la réceptivité du bébé,…On lui fait écouter du Chopin, il bénéficie d ’haptonomie, …moult marques de considération et d’attention vis-à-vis d’un être vivant. D’un autre côté, porteur d’une anomalie, le bébé n’est plus désiré. L’anomalie annihilerait-elle à ce point ses capacités d’échange et de réceptivité pour qu’on puisse envisager de lui retirer la vie ? Je ne comprends pas. Un être n’est-il vivant que s’il est désiré ? Et ce désir, si fort soit-il, permet-il de louer les « services » d’une mère porteuse, sans que l’on s’inquiète de ce que ressent l’enfant, de sa psychologie justement ?

J’aimerais trouver quelqu’un qui puisse me dire s’il existe-t-il une preuve scientifique que l’embryon n’est pas respectable, et si l’on peut déterminer le moment dans notre évolution personnelle où il le devient.
Il me semble que cette société se veut « tolérante » vis-à-vis des différences, mais fait du tri …
« Liberté –égalité- fraternité » ? Comment nous comportons-nous vis à vis de nos frères en humanité ?...

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