Réfléchir ensemble
au sens à donner
aux progrès de la
médecine, au service
de l'homme
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Nous vivons actuellement un vrai paradoxe. Notre pays est en effet le fier défenseur des idées humanistes, un pays qui se veut celui de l’accueil de l’autre, de l’acceptation de la différence et, pourtant….qu’en est-il des parents qui désirent garder leur enfant jugé « anormal » par le corps médical. Cette question est décisive car elle touche aujourd’hui tous les parents sans exception. Les personnes qui refusent de procéder au test de dépistage de la trisomie 21 notamment (sans même qu’il y ait de signe de maladie d'ailleurs) sont montrés du doigt, voir agressés. Nous en avons été victime et notre témoignage n’est malheureusement pas un cas isolé aujourd’hui : au début de ma première grossesse, un médecin nous a traités de parents indignes et a tenté de nous intimider pour que nous fassions le test de dépistage de la trisomie 21. Nous allions « coûter cher à la société, nous allions être montrés du doigt, rejetés de tous »….mais qui a le droit de juger qu’un enfant (la plus belle aventure d’un couple) n’est pas digne de vivre ? Une de mes amies m’a avoué avoir pleuré d’angoisse en allant se faire faire une amniocentèse. On ne parle pas de la souffrance de ces parents pour qui le réflexe premier est d’accueillir leur bébé, quel qu’il soit. J’espère de tout cœur que ces états généraux de la bioéthique vont être l’occasion de mettre au jour ce qui est malheureusement trop fréquent : ces tentatives d’intimidation des jeunes parents qui sont crédules car inexpérimentés.
L’autre aspect de ce problème réside dans l’accueil de ces enfants dits « anormaux ». Nous avons encore une fois eu la chance d’avoir le témoignage de familles qui ont vécu cela et qui assurent que cet être un peu différent, un peu plus fragile, cet enfant qui demande plus de patience et de compréhension encore que les autres les a fait grandir, au sens où ils ont compris que rien ne vaut la vie, même si elle démarre sur un handicap. Ils ont appris a se surpasser, à aimer en laissant de côté le qu'en dira-t-on et à rendre heureux un être qui ne demandait que cela…Un jour, un adolescent très lourdement handicapé nous a dit, grâce à une technique de tableau de couleurs et de lettres : « Je suis heureux de vivre » ! Quelle leçon d’humanité !
Arrêtons cette course à l'enfant parfait! Il en va du bonheur des jeunes parents qui veulent vivre les grossesses paisiblement et il en va de ces enfants que l'on juge trop vite indésirables et qui peuvent nous apprendre beaucoup pourtant.