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Indemnisation des dons, GPA


Avis de Emmanuelle - Mercury - publié le 21/02/2009 sur l'assistance médicale à la procréation

Bonjour
Concernant le don d'ovocyte, je pense que pour pallier le manque de donneuses, il faudrait indemniser l'implication des donneuses.
Le don d'ovocyte constitue un don de soi bien supérieur au don de sperme ou de sang total: cela necessite un traitement hormonal de stimulation (non dénué de risque pour la santé de quelqu'un qui ne le necessite pas), le geste médical de prélévement est lui aussi non dénué de risque.
Les femmes travaillant, cela necessite de leur part de s'organiser au niveau professionnel (penser aux libéraux)au niveau personnel (garde des enfants etc...).
Par ailleurs, les CECOS étant peu nombreux (en province notamment), cela implique un déplacement parfois important.
Bref, il serait logique d'indemniser le temps et la "gène" occasionnée par un tel don.
Je pense qu'il en va de même pour le don de moëlle osseuse et la GPA (cf plus bas)

Concernant l'anonymat du don, je pense qu'il serait souhaitable de laisser le choix aux donneurs. Si la levée de l'anonymat est automatique, cela risque de freiner des donneurs qui n'auraient pas forcément souhaiter s'impliquer à vie dans ce don.
Par contre, s'ils le souhaitent, pourquoi leur interdire de laisser ses coordonnées et son phénotype pour que l'enfant né de ce don puisse ,à ses 18 ans, s'il le souhaite, avoir accès à ces informations? Dans les 2 cas, il faudrait donner la possibilité de se rétracter , soit retirer les informations, soit les donner (car on peut,avec l'âge, avoir envie de s'impliquer plus, ou moins!)
Je ne comprends pas pourquoi limiter le don d'ovocyte aux seules femmes qui ont eu un enfant. On peut avoir envie d'aider des couples alors qu'on est célibataire. Je ne vois pas où est le problème. S'il s'agit d'un risque de dérive mercantile du don: il suffit de mettre en place un fichier national pour limiter le nombre de don par femme et par an (comme le don de sang). Il en va aussi de la santé de la donneuse!
Concernant la GPA: je pense qu'on peut l'autoriser car la France garantie un cadre ethique et législatif . Cela necessite donc que la prise en charge soit très bien encadrée (psychologiquement et médicalement). Qu'elle donne droit à une compensation financière (pour les mêmes raison que le don d'ovocyte précédemment décrites mais avec une implication de la mère porteuse encore plus grande (psychologiquement et pour sa santé aussi).)
Je pense que la mère porteuse ne doit pas être la mère génétique (risque d'attachement), et que l'établissement de la filiation se fasse en prénatal (éviter risque de chantage, de changement d'avis etc...).
Les problèmes soulevés qu'il faudrait discuter: Que faire si les parents ne s'impliquent pas durant la grossesse, ne se préoccupent pas de l'enfant pendant la grossesse?
Il faudrait organiser une prise en charge de la mère porteuse à vie (de l'état?)en cas d'handicap ou maladie dûe à la grossesse: par exemple: hemorragie de la délivrance qui necessite une ablation de l'utérus?
Concernant l'âge limite pour les receveuses: je pense qu'il doit rester raisonnable et 43 ans me semble être le cas.
Par contre, je suis contre le don de gamètes ou la GPA pour des célibataires ou homosexuels. Je pense que cela doit pallier un dysfonctionnement médicale de la procréation, et non un "dysfonctionnement" social de notre société. Bref, rester dans le carde de ce que la nature avait prévue!
Emmanuelle: 32 ans médecin généraliste et mère d'un petit garçon de 16 mois.

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