Réfléchir ensemble
au sens à donner
aux progrès de la
médecine, au service
de l'homme
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Cette contribution s'articule autour de deux grandes questions:
1 - à quoi sert une loi?
La loi est la définition d'un cadre de valeurs qui sera respecté par tous ceux qui vivent dans la même communauté. C'est la définition de l'intérêt général c'est-à-dire d'un cadre de vie et d'un projet de société présent et à venir. La loi n'a pour fonction de répondre à la demande d'un groupe particulier que si l'intérêt de ce groupe se révèle bénéfique pour l'ensemble de la société. La loi n'a pas pour objet de mettre fin à la frustration de quelques uns. Elle deviendrait sinon une loi-objet de consommation. Quel et l'intérêt général d'autoriser les mères porteuses? Je n'en vois pas même sur le plan juridique. En effet, il suffit de considérer comme adoptifs les enfants nés à l'étranger d'une mère porteuse pour résoudre la question de leur statut en France. Ce serait de plus le statut le plus proche des faits.
2 - Autoriser les mères porteuses c'est permettre d'avoir un bébé à tout prix. A quel prix?
C'est d'abord nier les liens qui se tissent entre le bébé et la mère gestatrice. C'est par ailleurs, contrairement à l'adoption, concevoir et porter un bébé pour l'abandonner à un autre couple. Cela est contradictoire avec le fait que souvent les autorités françaises ont momentanément suspendu les adoptions dans tel ou tel pays à cause des risques de trafic d'enfants. Même si théoriquement il n'y a pas rémunération avec les mères porteuses, le bébé devient un bien trocable. Surtout, qu'est donc un bébé? un être humain ou la compensation d'une frustration? Psychologiquement, on nage dans la plus grande confusion et dans le risque d'une implosion: les parents "adoptifs" attendent énormément d'un enfant qui ne sera jamais complètement le leur vu ses conditions de gestation et l'enfant ne saura pas exactement qui sont ses parents et en particulier sa mère? Ce genre de confusion peut naître aujourd'hui du don anonyme de sperme mais justement l'anonymat et la gestation par celle qui deviendra la mère permet d'éviter au maximum la confusion et permet de conserver une forme de transparence qui n'existe plus avec les mères porteuses. Enfin, à quelles conditions? Il y a un risque certain de rémunération indirecte et de possibilités pour certaines femmes de se donner ainsi un statut. On le voit déjà avec des jeunes filles de 20 ans sans formation et sans travail qui font un enfant pour avoir un statut de mère célibataire et percevoir les allocations .
En conclusion, une minorité demande à la société de les aider à combler leur frustration (or les solutions alternatives existent comme l'adoption qui peut être assouplie)sans avantage certain pour la société vu les risques encourus et avec une instrumentalisation de l'enfant qui est et restera même après sa naissance un objet même si c'est un objet de désir.