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Des questions qui font débat

Comment concilier la liberté de la recherche avec le respect de  l’embryon ?
 

La loi de bioéthique de 2004 a interdit la recherche sur l’embryon, mais en assortissant cette interdiction de dérogations exceptionnelles, sous condition de deux critères : ces recherches doivent «permettre des progrès thérapeutiques majeurs» et ne sont autorisées qu’en l’absence de «méthode alternative d’efficacité comparable».

A l’occasion du réexamen de la loi, cet équilibre doit-il être remis en question ? Faut-il :

  • interdire la recherche sur l’embryon ?
  • maintenir l'interdiction assortie de dérogations exceptionnelles, comme c’est le cas aujourd’hui ?
  • autoriser la recherche sur l’embryon  ?

Quels sont les critères de justification d’une recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires ?


Doit-on reconsidérer les deux critères actuels « permettre des progrès thérapeutiques majeurs », absence de « méthode alternative d’efficacité comparable » ?

Comment faut-il interpréter le critère : « permettre des progrès thérapeutiques majeurs » ?

Par définition, les chercheurs ne savent pas ce qu’ils vont trouver. Il leur est donc difficile de garantir que leur projet de recherche aboutira à un progrès direct pour les malades.


De plus, toute recherche comporte une première phase d’exploration. Dans un premier temps, les recherches actuelles tentent de comprendre les mécanismes d’apparition des maladies graves et elles tentent d’apporter des connaissances qui ne déboucheront pas nécessairement et immédiatement sur un médicament ou un traitement. On parle alors de recherche « cognitive » car il s’agit d’abord d’acquérir des connaissances sur une maladie. Faut-il, en ce sens, réfléchir à la pertinence de la notion de « finalité thérapeutique », actuellement inscrite dans la loi ?

Comment faut-il interpréter le critère : absence de « méthode alternative d’efficacité    comparable » ?

Par définition, l’efficacité d’une méthode de recherche ne peut être déterminée par avance. La formule peut donc sembler peu appropriée et inutilement contraignante. Toutefois la notion que sous entend cette formulation renvoie à un principe essentiel sur le plan moral : quand on s’autorise à faire un geste que l’on considère comme un moindre mal, on doit d’abord vérifier qu’il n’y a pas d’autres solutions possibles.

C’est au nom de ce principe que doit s’engager la discussion sur les intérêts comparés des recherches menées sur les différentes cellules souches  adultes et embryonnaires.

Peut-on se passer des travaux sur les cellules souches embryonnaires ?
 

Des découvertes récentes ouvrent de nouvelles perspectives et reposent la question de l’utilisation des cellules embryonnaires humaines. En effet, d’autres cellules souches, posant moins de problèmes au plan éthique, présentent désormais un réel intérêt pour la recherche ou pour la mise au point de traitement. Il s’agit :

  • des cellules pluripotentes induites (dites IPS). Elles sont obtenues à partir de cellules humaines adultes « reprogrammées » pour retrouver les capacités des cellules souches embryonnaires ;
  • les cellules souches dites « adultes » dont certaines sont déjà utilisées en thérapeutique (incontinence urinaire, brûlure,...) ou des cellules souches issues du sang de cordon ombilical déjà utilisées actuellement pour traiter de nombreuses maladies (leucémie).

Ces nouvelles voies sont encourageantes. Toutefois certains scientifiques les considèrent comme des moyens d’études complémentaires aux cellules souches embryonnaires.

Le débat est ouvert.

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