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Dons, prélèvements et greffes : des questions qui font débat

Consentement présumé ou consentement explicite ?


En France, la loi présume la solidarité des citoyens et leur accord pour donner leurs organes après leur mort pour sauver un homme ou améliorer grandement sa vie.

Certains pays européens (comme Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni et Allemagne) appliquent le régime du consentement explicite et ont donc, par exemple,  un registre du « oui ». D’autres pays ont, comme en France, adopté le consentement présumé au nom de la solidarité (Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Belgique, Suède et Finlande) et ont donc créé un registre du « non ». Ce registre d’opposition au don d’organes ou de tissus permet à toute personne qui refuse le prélèvement d’être assurée de ne pas être prélevée.

Dans les pays qui disposent d’un registre du « oui », peu de personnes font la démarche de s’inscrire. Le sujet du don d’organes est difficile à aborder puisqu’il pose la question de la mort. S’inscrire sur un fichier du « oui » est une démarche très engageante.

En pratique, et quel que soit le type de consentement choisi (explicite ou présumé), les équipes médicales se rapprochent de la famille avant tout prélèvement pour savoir si elle a connaissance du choix du défunt.

Remplacer le consentement présumé par le consentement explicite résoudrait-il le problème délicat de demander aux proches si le défunt était pour ou contre le don avant tout prélèvement ? Cela aiderait-il les proches en cas de prélèvement après arrêt cardiaque persistant, quand le prélèvement relève d’une plus grande urgence, ou en cas de prélèvement de tissus composites visibles ?

Peut-on envisager un prélèvement sur une personne qui est inscrite sur le registre du « oui » sans en avoir préalablement parlé avec la famille ? Est-il acceptable de lui rendre le corps du défunt en leur expliquant qu’il a été prélevé parce qu’il était inscrit sur un registre ? Cela ne risque-t-il pas de mettre en péril la confiance accordée aux médecins ?

Quel est le moyen le plus acceptable d’envisager un prélèvement d’organes, en respectant le consentement des donneurs et les proches ?

A savoir : le taux d’opposition au prélèvement d’organes exprimé par le défunt lui-même de son vivant ou par ses proches est de 30% sur les 3 000 donneurs recensés chaque année. Autrement dit : le taux d’acceptation du don, au moment du décès, est de 70%.

En 2006, 82% de la population française se déclare favorable au don de ses organes.

 

Donneurs vivants : faut-il encore élargir le cercle des donneurs ?


L’élargissement du cercle des donneurs n’a finalement pas permis d’augmenter de façon importante le nombre de greffes. A ce jour, la pratique de la greffe à partir de donneurs vivants reste peu développée : en 2007, elle ne concerne que 8% des greffes de rein et 1,7% des greffes de foie.

Autre constat : dans leur très grande majorité, les donneurs appartiennent à la famille du premier degré du receveur (parents, enfants, frères et sœurs).

Au regard de l’expérience de certains pays étrangers et du bilan de l’application de la loi de 2004, la possibilité d’un élargissement complémentaire du cercle de ces donneurs vivants est à nouveau posé :

- Doit-on inclure dans la liste des donneurs potentiels toute autre personne ayant un autre lien de parenté avec le receveur que celui posé dans la loi (neveu, nièce) ?
- Doit-on permettre le don entre amis ?
- Doit-on envisager la possibilité d’un don totalement altruiste et anonyme ? Un donneur donnerait un organe de son vivant de façon anonyme et gratuite à un receveur qu’il ne connaît pas. Cependant, s’il est possible de vivre avec un seul rein, le risque pour le donneur n’est pas nul.

Les pratiques divergent selon les pays


Le don d’organes entre vivants est très développé dans les pays d’Europe du Nord, les États-Unis et le Canada. Outre-Atlantique, le pourcentage de greffes entre vivants évolue entre 30 et 40%. Dans le même temps, les pays du Sud de l’Europe, comme l’Espagne, l’Italie ou la France, se situent autour de 5%.
L’explication du phénomène ? La restriction du don d’organes au cercle familial ne se retrouve pas dans les pays scandinaves et anglo-saxons. Ils reconnaissent la possibilité de faire un don à toute personne ayant « des relations affectives étroites » avec le receveur. Les pays latins, au contraire, se veulent plus restrictifs. Ils veulent protéger les citoyens contre les risques qui pourraient découler de la liberté de disposer de ses organes (source de revenu pour les plus démunis dans les pays les plus pauvres).

Sang de cordon ombilical : quel(s) mode(s) de prélèvement et de conservation ?


Le sang de cordon ombilical - appelé aussi sang placentaire - contient des cellules souches du sang - les cellules hématopoïétiques - et permet de soigner des maladies graves du sang comme la leucémie. Lorsqu’il est donné par une femme lors de son accouchement, il est conservé dans des banques autorisées pour cette conservation et disponible pour l’ensemble des malades selon le principe de solidarité. Actuellement, les unités de sang de cordon prélevées et conservées en France sont insuffisantes pour couvrir les besoins. Comment promouvoir ce don ?

Faut-il autoriser la conservation à des fins privées ?


Depuis quelques années, des sociétés commerciales proposent à certaines femmes enceintes de conserver, moyennant finances, le sang du cordon ombilical de leur enfant. Le but serait de pouvoir utiliser ce sang, à l’avenir, pour soigner leur enfant pour une maladie susceptible d’être traitée par une greffe autologue si le cas se présentait. A ce jour, il n’existe aucune étude scientifique qui montre que ce type d’utilisation permettrait de soigner la personne en question.

Ce mode de conservation, autorisé dans certains pays, n’est pas autorisé en France.

Peut-on envisager l’instauration de banques privées pour des greffes autologues sans enfreindre le principe de solidarité ?

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