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au sens à donner
aux progrès de la
médecine, au service
de l'homme

 

Les questions posées par le public pour le Forum citoyen de Marseille

Les thèmes abordés lors de ce forum sont :
- la recherche sur les cellules souches et sur l'embryon ;
- les diagnostics prénatal et préimplantatoire.

Table ronde du matin : Recherche sur cellules souches et sur embryon

Embryon et recherche
Si je comprends bien vous proposez d’effectuer des études sur des cellules issues d’embryons détruits, après accord parental. N’y a-t-il pas un biais entre le refus de parents de livrer leurs embryons à la science pour la recherche puis, de s’orienter vers leur destruction et, le fait de récupérer ces embryons détruits pour les confier à la recherche ? y-a-t-il une étape que je n’aurais pas comprise ?
Où en est l’état des recherches à partir de cellules souches sur les maladies neurologiques (Parkinson , hémiplégie et paraplégie). Même si les essais ne sont pas encore concluants, peut-on penser raisonnablement que la recherche puisse aboutir ?
Quels sont les changements envisagés dans la législation sur le traitement des embryons ?
Il existe déjà des traitements dérivés de cellules humaines issues de donneurs volontaires et qui sont commercialisés. Comment envisagez-vous demain la commercialisation ou l’importation en France de traitements issus de cellules souches embryonnaires ou mésenchymateuses ? N’est-ce pas aussi le bénéfice financier que l’industrie pourrait faire qui dérange ?
 A propos de l’origine des embryons vous distinguez la traçabilité éthique et la traçabilité scientifique. Il me semble que vous répondez aux questions du panel par des arguments surtout scientifiques et non éthiques. La question du respect de l’embryon n’est-elle pas la première, surtout dans le contexte où il existe des voies de recherche alternative ?
Je n’aime pas l’idée, si besoin était, « d’utiliser » l’embryon d’un couple destiné au départ à un projet parental : comment gérer ce changement de finalité ?
Expliquez-nous l’intérêt ou non de travailler sur les cellules souches embryonnaires humaines plutôt que animales ?Les fondements de la recherche scientifique sont-ils entravés lorsqu’on « shunte » la phase expérimentale sur l’animal ? Comment expliquer que l’animal soit plus protégé que l’homme ? Parlons des cellules IPS et de sang de cordon. L’ABM a-t-elle dérogé à la loi en autorisant ces recherches sur l’embryon humain alors que d’autres alternatives comparables, même plus efficaces existent ?
Comme, toute loi avec interdiction puis, dérogations depuis 1949 conduit à se transformer en autorisation sans restriction, nous pouvons prévoir à terme que la recherche sur l’embryon sera complètement libéralisée avec ou sans projet thérapeutique ; Avons-nous encore la liberté de dire non à ces évolutions ?
 Vous avez posé comme base du débat le fait de « remplacer les cellules vieilles et malades par des cellules jeunes et en bonne santé » et considéré que « ça ne se discute pas ! ».Or, même en restant dans un cadre clinique avec des patients atteints de tumeurs, de maladies dégénératives, de défaillance organique, n’y a-t-il pas un risque : de dérive vers la quête universelle (et vaine ?) de jouvence contre la souffrance induite par un vieillissement propre de la condition du vivant ? d’ancrer le pouvoir scientifique, médical pour répondre au « droit » de ne pas souffrir au détriment d’autres approches (philosophique, spirituelle, voire religieuse, anthropologique…) sur l’évolution normale et naturelle de l’être humain ? de ne pas entendre la voix « de la veuve et l’orphelin » plus largement des personnes vulnérables, pas toujours en attente de la protection du plus fort ou de celui qui a le savoir ?  mais capable d’esprit critique du fait même de la volonté d’observer et de vouloir sortir de leur situation de souffrance (dans laquelle le regard social a sa part de responsabilité dans le rejet (cf. photos de tumeurs ORL utilisées dans les campagnes anti-tabac pour faire peur aux citoyens) et par cette originalité de point de vue amener d’autres arguments contre balançant les « postulats », quelle est la finalité des recherches scientifiques ?
 N’y a-t-il pas hypocrisie de déterminer un embryon intentionnellement et d’utiliser ses cellules lorsqu’elles sont isolées et issues d’un « organisme » mort ?
Les ressources dédiées à la santé sont aujourd’hui limitées. N’y a-t-il pas une tendance à privilégier l’intérêt particulier de quelques patients ou dépens de la population générale ?
Pourquoi ne pas privilégier financièrement les recherches plus prometteuses qui ne posent pas de problèmes éthiques ? Pourquoi s’acharner en recherche thérapeutique avec des cellules souches embryonnaires qui ont fait la preuve de leur échec depuis 15 ans en Grande-Bretagne et autres pays et ne pas redéployer les moyens financiers sur la recherche sur les cellules souches induites qui ne posent pas les mêmes problèmes éthiques, et surtout immunitaire et de contrôle de développement ?
La destruction d’un embryon avec l’accord parental peut-elle être justifiée moralement par le fait que la recherche fait sur celui-ci pourra sauver un jour une autre vie ?
Compte tenu des récentes découvertes scientifiques sur les cellules pluripotentes induites, il n’est plus nécessaire de disposer de cellules souches embryonnaires pour la recherche. Au nom de la dignité de la vie humaine naissante, la loi pourrait-elle énoncer clairement l’inviolabilité de l’embryon et interdire sans aucune exception son utilisation pour la recherche ?
Qu’en sera-t-il dans l’inconscient collectif de l’humanité si l’on entend par exemple soigner l’incontinence de personnes achevant leur vie grâce à la recherche avec sa destruction inhérente sur un embryon qui a été un jour conçu pour un projet parental ?
Pourquoi ne parlez-vous pas des nombreuses maladies déjà soignées grâce aux cellules souches adultes depuis 20 ans ? Actuellement rien ne peut être soigné par les cellules de l’embryon. Pourquoi se compliquer ?
Vous semblez dire que les arguments scientifiques plaident massivement pour éviter la recherche sur l’embryon. L’article 16 du code civil rappelle le respect de l’être humain dès le début de sa vie. Bref, science et éthique pourraient se réconcilier autour de l’interdit de la recherche sur l’embryon. Qu’en pensez-vous ?
Quel serait l’état d’avancement éthique d’une société qui accepterait de prendre comme objet de recherche un embryon qui ne devrait être que sujet puisqu’étant état de vie humaine commencée et qui, s’il allait au bout de son développement normal, ne pourrait que devenir un être humain ? et non une plante ou un animal. Il s’agirait donc de recherche sur un être humain vivant à un stade précoce de son développement.

Statut de l’embryon
Finalement peut-on tuer l’embryon ? qu’il soit une personne ou non, la seule probabilité qu’il le soit, ne doit-il pas nous obliger à le protéger … dès la conception et donc revenir sur des moyens techniques acquis (stérilet …) ?
Le refus de se prononcer sur la nature de l’embryon, ne s’inscrit-il pas dans la nécessité d’être cohérent pour justifier la recherche sur l’embryon, le fait de les détruire ? Quelle est la part de la souveraineté de l’homme sur l’homme ?
Y-a-t-il une détérioration de l’embryon congelé dans la durée, Y-a t-il d’autre alternative que la destruction ou la congélation de l’embryon ? le don d’embryon ? l’adoption ?
On parle d’instrumentalisation de l’embryon à partir du moment où il est détruit ou lorsqu’il ne fait plus l’objet  du projet parental, mais, d’une part s’il existe c’est bien qu’à la base il fait partie d’un projet parental ! d’autre part,  l’embryon n’est-il pas déjà instrumentalisé à partir du moment où il est conçu hors du sein de sa mère ? Seulement détruit, faisant l’objet de recherche ou étant implanté, cet enfant à naître est-il respecté ?  Pourquoi n’a-t-on pas pensé avant à ce que l’on ferait des embryons surnuméraires ? N’a-t-on pas fait preuve de légèreté à l’encontre des vies humaines ?
Qu’elle est la différence éthique entre la destruction d’embryons surnuméraires et l’utilisation de la pilule du lendemain ou du stérilet ?
Cette destruction correspond elle à donner la mort à l’embryon ? Le problème est l’autorisation de détruire les embryons, sous réserve d’un contrôle strict des cadres de réalisation de la recherche sur les cellules embryonnaires. Pour répondre à cela n’est-il pas indispensable d’expliciter avant tout le regard porté par la société sur l’embryon ? est-il doté de la dignité humaine ? est-ce une future personne ou un objet ? A partir de quel stade considère-t-on que l’on est en face d’une vie ou d’une personne humaine ? L’autorisation de la destruction ou son refus sont clairement la première question à se poser.
On n’a pas de réponse naturelle à une situation qui n’est pas naturelle. On voit qu’on est lancé dans une situation inextricable. Ne faut-il donc pas revenir à une situation naturelle et redonner à l’embryon le respect inconditionnel qui lui est dû par une formulation qui tient compte de ce qu’il est et non du projet qu’on a ou qu’on a eu sur lui : « l’embryon bénéficie des mêmes droits que ceux des personnes ». Cette formulation ne définit pas plus la personne que l’embryon.
Si on refuse de donner un statut à l’embryon, on reconnaît implicitement la continuité du développement de l’être humain. Quand devient-il une personne ? il n’existe pas de certitude établie sur le sujet. Dans ces conditions, pourquoi aucun d’entre vous n’envisage-t-il pas d’appliquer le principe de précaution si en vogue sur des enjeux moins fondamentaux ? Pour prendre une image, un chasseur évite de tirer sur un buisson s’il ne voit pas si c’est un homme ou du gibier qui est derrière.
Quand vous dites « pas la peine de définir un statut d’embryon » deux questions se posent :   1. hypocrisie : on en peut pas définir ce statut parce que ça remet en cause la loi sur l’IVG de 1975 ; 2. qui êtes-vous au 1er jour de votre vie ? qui sommes nous au 1er jour de notre vie ? « Est déjà homme celui qui le deviendra » (environ 400 avant JC).
La peine de mort n’existe pas en France, pourquoi tant de question sur la vie ou la mort des embryons . Le droit français dit « la vie pour tout individu de la conception à la fin de vie naturelle ». Gardons donc le bon sens français. Personne n’a droit de vie ou de mort sur l’individu.

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Embryons surnuméraires
Vous avez l’air tous d’accord pour dire que la question du statut de l’embryon n’est pas importante mais qu’il faut poser celle de son devenir : La question n’est-elle donc pas à poser sur la destruction ou non de l’embryon ? Ne faut-t-il pas arrêter de fabriquer des embryons surnuméraires ?
Un couple en France qui a des difficultés à concevoir, pourrait-il refuser, pour des convictions éthiques, de ne pas fabriquer plus de 2, voire 3, embryons afin de ne pas produire d’embryons surnuméraires ? (quitte à accepter de payer le prix pour la mère de plus de stimulations hormonales ou l’échec quantitativement plus élevé ?)
Quelle est la quantité produite d’embryons surnuméraires et leur durée de conservation ? Pourquoi certains pays (Allemagne, Suisse, Autriche)ne stockent-ils pas les embryons?
N’est-il pas envisageable d’arrêter le flux des embryons surnuméraires ? (comme c’est le cas en Allemagne ?)
Que pouvons-nous faire avec des embryons surnuméraires ? Question difficile. Ne pensez-vous pas que comme d’autres pays d’Europe (Allemagne, Italie) on peut empêcher la formation de ces embryons surnuméraires et limiter la fabrication d’embryons aux seuls qui seront implantés ?
 Pourquoi autant d’embryons surnuméraires n’est-ce pas parce qu’on fabrique trop à chaque tentative d’AMP ? Pourquoi ne fait-on pas comme l’Allemagne où sont implantés tous les embryons fabriqués ?
Plutôt que d’envisager la destruction des embryons surnuméraires ne peut-on pas envisager de les faire adopter par les parents qui ont recours à la procréation médicale assistée ?
Le problème des embryons surnuméraires a été créé de toute pièce par la procréation médicalement assistée et par le droit à l’enfant. La destruction de l’embryon surnuméraire n’est-il pas le même problème que l’IVG :  l’interruption de la vie ? 
A l’heure actuelle, on ne sait pas quoi faire des embryons surnuméraires congelés : 176.000. Qu’attendons nous pour arrêter la fabrication des embryons surnuméraires comme dans certains autres pays européens… Il est urgent d’arrêter d’en produire..
On parle beaucoup de « destruction d’embryon » ou « d’embryons surnuméraires » mais pourrait-on évoquer le fait qu’il est possible aujourd’hui de ne pas produire plus d’embryon que besoin (dans le cadre de la fécondation in vitro). Dans cette hypothèse, pourrait-on évaluer la méthode qui le permet alors que la loi interdit de replacer un embryon issu d’un progrès technique ?
Puisque les experts (de ce jour) s’accordent à dire que le respect de la vie de l’embryon est nécessaire, que la destruction des embryons surnuméraires est humainement difficile, ne faut-il pas intervenir en amont et empêcher la création d’embryons surnuméraires ?
Concernant les 176.000 embryons congelés, pourquoi ne pas interdire la conception d’embryon surnuméraires comme l’Italie, l’Allemagne ou la Norvège ?
Quel avenir pour les 200.000 embryons surnuméraires sans projet parental conservés en France (+ 25 % par an) ?
Les parents qui bénéficient des techniques de FIV, s’ils sont en demande et/ou besoin d’enfant, reçoivent-il préalablement une information complète sur les risques non seulement pour leur santé mais aussi une formation éthique et juridique minimum pour anticiper leurs choix et leurs décisions sur la destruction des embryons à venir ?
Détruire les embryons n’est-ce pas céder à l’urgence et oublier l’essentiel ?

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Cellules du sang de cordon et autres cellules souches
Il est navrant qu’il n’y ait pas eu un minimum de débat sur la recherche efficace et harmonieuse sur les cellules souches adultes et du cordon. Cette recherche est un tournant scientifique majeur et la matinée ne s’est centrée que sur l’éternel débat sur l’embryon !
Peut-on parler de sang de cordon qui n’a pas de « statut juridique » puisqu’il est un résidu. Quel est l’état des lieux actuellement : nombre de banque publiques et est-il envisagé de confier la conservation à d’éventuelles banques ?
Puisque les cellules du cordon ombilical semblent plus prometteuses, pourquoi ne sont-elles pas « données » pour la recherche lors de chaque accouchement, après, éventuellement, information de la maman ?
Plutôt que de travailler et orienter la recherche sur les cellules souches embryonnaires, pourquoi ne pas favoriser le recueil du placenta ou travailler sur les cellules provenant du cordon ombilical ?   
Si le but est bien d’essayer de guérir les patients, pourquoi les experts (2 h après le début du débat) n’ont-ils pas parlé des cellules IPS qui ont révolutionné la recherche en thérapie cellulaire dans le monde ? Pourquoi continue-t-on en France à se focaliser sur les embryons humains alors que des chercheurs comme I. Wilmut (père de la brebis Dolly) ont annoncé dès cette découverte des cellules IPS qu’ils arrêtaient le clonage et la recherche sur l’embryon car les plus efficaces étaient maintenant les IPS ? Le Japon vient de débloquer 40 millions d’euros sur ces cellules, 300 laboratoires en deux ans ont commencé à travailler sur ces cellules. Et en France ?
Où en est la France sur les recherches cellules IPS ? Pourquoi ne pas se concentrer sur ces recherches plutôt que sur les cellules embryonnaires qui entraînent la destruction de l’embryon ?
Science fiction. Pouvez-vous imaginer ce qui arriverait si les banques où se trouvent les embryons étaient récupérées par des forces perverses à un échelon européen par exemple ? Quelles utilisations pourraient-ils imaginer ?
Les cellules souches issues du sang du cordon sont l’avenir des greffes de moelle osseuse, les résultats sont selon les spécialistes, meilleurs que ceux des greffes issues de moelle osseuse de donneurs. Pourquoi n’a-t-on pas multiplié les banques de sang de cordon en France comme par exemple aux USA
De nombreuses applications thérapeutiques ont été constatées sur les cellules souches du sang du cordon. Avez-vous été formé sur ces questions ?
Pourquoi s’obstiner à faire les recherches sur l’embryon puisque ça n’a rien donné jusqu’ici et qu’on peut faire les travaux sur les cellules du sang du cordon ?
Le père de la brebis Dolly a abandonné les recherches sur les cellules embryonnaires pour diriger ses recherches sur les cellules souches adultes (sang ombilical, moelle osseuse) beaucoup plus prometteuses. Pourquoi n’avez-vous plus parlé de la recherche sur les cellules souches adultes (sang de cordon, moelle) qui ne pose pas de problème éthique ?
Pourquoi ne parle-t-on pas d’autres recherches que l’embryon notamment à partir du cordon ombilical sachant que les recherches embryonnaires n’ont pas donné beaucoup de résultats ?
La dimension financière doit intégrer la notion de l’accès du plus grand nombre à des thérapeutiques (ex: greffe tributaire des donneurs et coût élevé, utilisation des cellules souches plus prometteuses pour certaines pathologies et par rapport à certaines techniques ex : surdité et implants). Pourquoi ne pas avoir associer au débat éthique, un économiste de la santé ?
Le recours aux cellules du sang de cordon ombilical compatible avec le receveur ne constitue-t-il pas une alternative préférable au bébé médicament ?
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Table ronde de l’après-midi : Diagnostics prénatal et préimplantatoire

Le spermatozoïde dans une conception naturelle est sélectionné (glaire, parcours  dans l’utérus…) à raison de 1/10.000 et peut permettre d’éviter la conception d’enfants anormaux. Le DPI peut-il rivaliser avec cette efficacité de sélection naturelle ?
 Vous avez dit qu’en cas de DPN d’une anomalie grave, vous laissiez le couple décider de la poursuite ou de l’interruption de la grossesse en vertu du respect de son autonomie. Qu’en est-il de cette autonomie lorsque le centre pluridisciplinaire de DPN considère que l’affection n’est pas d’une gravité suffisante pour justifier une interruption de la grossesse, et que le couple maintient sa demande ?
Le DPI double HLA (bébé médicament ou bébé double espoir) est remis en cause par le dernier rapport du conseil d’Etat. Ne serait-il pas temps de revenir en arrière face à une pratique qui pose tant de questions éthiques : notamment, si l’enfant arrive trop tard ? si la greffe ne marche pas ? si aucun embryon ne s’avère compatible : ceux-ci sont-ils détruits ?
DPI et DPN, s’ils sont maintenus mais réglementés, est-ce que leur maintien n’est pas l’ouverture de la « boîte de Pandore » car comment maintenir les limites ?
De nombreux témoignages de parents montrent que le DPN n’est en fin de compte pas si fiable que cela, puisque leurs enfants sont nés sains alors qu’ils étaient diagnostiqués avec une maladie. Ne devrait-on pas laisser le choix aux parents de pratiquer ou pas le DPN et leur éviter de la sorte un stress inutile quand ils souhaitent de toute façon garder leur enfant, quel que soit son état de santé ?
  ans le cadre du DPN, il est possible d’accompagner un couple vers une amniocentèse lorsqu’il est décidé à pratiquer une interruption de grossesse… en cas d’anomalie du fœtus. Mais l’amniocentèse est refusée lorsque le couple souhaite connaître le statut de son enfant mais sans pratiquer d’interruption… Pourquoi ne pas permettre aux couples, lorsqu’ils le souhaitent, que le temps de cette grossesse leur permette d’accepter cet enfant à venir car l’acceptation d’une perspective de handicap ne peut s’inscrire que dans cette temporalité.
  Les diagnostics prénataux et préimplantatoires présentent, en fonction de l’appréciation faite de la gravité de l’affection concernée, des risques d’eugénisme non négligeable s’ils ne servent qu’à éliminer le malade incurable ou risquant de développer une maladie plutôt qu’à le soigner. Est-ce à la loi ou à l’agence de biomédecine de définir une sorte de cahier des charges de « l’embryon acceptable»? Ne risque-t-on pas également d’en arriver au DPI ou DPN pour convenance personnelle ?
La trisomie est la maladie la plus fréquente (1/700 naissances). Et pourtant cette maladie ne fait l’objet d’aucune recherche thérapeutique. Est-ce parce que le dépistage et l’éradication des enfants trisomiques coûte moins cher que leur prise en charge par la société ?
Que savons-nous de l’opinion des personnes concernées par un potentiel DPI ? Leur opinion est-elle prise en compte dans la définition des critères d’accès au DPI ?
La différence fait avancer le monde, elle l’enrichit. Einstein avait 3 parties dans son cerveau, Beethoven était sourd, Lincoln et Mendelssohn avaient la maladie de Marfan. S’ils avaient été « diagnostiqués », ils auraient été éradiqués. Et pourtant quelle perte pour l’humanité. Ne risquons-nous pas de perdre en génie, en dynamisme, en richesse ?
Comme on l’a vu ce matin, il y a un continuum dans le développement de l’être humain. Le DPI débouche sur la suppression des embryons non implantés, donc d’êtres humains. Personne ne sait sérieusement quand commence la personne humaine. Ne faut-il pas alors appliquer le principe de précaution qu’on applique dans d’autres domaines beaucoup moins fondamentaux et renoncer à ces techniques destructrices ?
Quel est ce poids, le nom de ce poids, qui pèse sur notre société, d’aller à l’opposé de cette éthique ? C’est-à-dire, qui nous amène à ne pas garder les bons repères pour éviter la dérive ?
96 % des femmes enceintes où on décèle un risque d’enfant trisomique sont poussées à l’avortement. Le rapport du Conseil d’Etat (mai 2009) prend acte de cet état de fait mais ne le condamne pas. Il a comme projet de faire le dépistage au 1er trimestre pour la trisomie 21 et pour les autres maladies rares. Que dites-vous à des personnes, des familles, tu as une maladie, tu es trisomique donc tu ne dois pas exister !!! C’est de l’eugénisme.
Vous les experts présents, n’êtes-vous point gênés par la ncontradiction absurde entre le souci de respecter les embryons et l’IVG !!
En France le DPN ne prend pas en compte le terme de la grossesse ; en cas de diagnostic « positif » pour une maladie « d’une particulière gravité  » la grossesse peut être interrompue, avec foeticide au-delà de 25 SA. En revanche, si le bébé naît avant le résultat, prématurément, il va être viable. Devrait-on légiférer sur le terme ?
On parle peu des effets de la congélation des ovocytes. Or il existe des effets déjà analysés sur les animaux. Qu’en dites vous ?
Que pensez-vous des DPI qui visent à créer des « bébés-médicaments » ? Quelles conséquences pour ces enfants ? (peut-on craindre une instrumentalisation de l’enfant à naitre ?)
Comment pourra-t-on limiter l’étendue du DPI avec la tentation de l’enfant parfait ?
Plutôt que l’étiquetage impersonnel de « sciences humaines », quelle place a pour vous l’humain dans la science et qui peut faire reconnaître cette place et donner du sens ?
L’obligation de moyen est-elle un moyen orienté vers le soin de l’enfant ou un moyen orienté vers la suppression et la mort du malade, particulièrement l’enfant atteint de trisomie ?
Est-il possible d’identifier un certain nombre de principes éthiques immuables, ne pouvant relever du processus démocratique ?
L’enfant handicapé est un fardeau dites-vous. Avez-vous fait des études auprès des familles qui ont élevé, intégré, avec bonheur un enfant handicapé ?
Doit-on parler d’enfant handicapé ou plutôt de situation de handicap ?
L’espoir qu’on est tenté de mettre dans les avancées possibles de la médecine embryonnaire n’est-il pas illusoire étant donné qu’on a plutôt tendance à éliminer les embryons « mal foutus » : comment guérir ce qu’on ne sera plus capable de connaître ? (notamment trisomie 21)
Dans les faits actuels, le DPM organise le dépistage d’anomalies fœtales dans le but essentiel d’éliminer le malade ou le différent et non pas d’organiser sa prise en charge ou l’acceptation de la différence. A-t-on le droit de porter un jugement sur le droit de vie ou de le droit à la vie d’un être humain malade ou différent ?
Est-ce que l’élimination presque systématique d’embryons porteurs de certaines pathologies (exemple spina-bifida) n’entrave pas la recherche sur ces pathologies ?
Pourquoi se poser des questions éthiques sur le DPI alors que l’eugénisme est déjà proposé avec insistance pour la trisomie. Faire un tri d’embryons semblerait plus anodin que de proposer une interruption de grossesse qui est devenue banale depuis des années.
Le débat de bioéthique traite du bio et d’éthique. Face aux 4 scientifiques, seul le juriste apporte un peu de recul. Peut-on sortir des seuls arguments de motivation médicale et de nécessité commerciale pour envisager les conséquences psychologiques sur les parents, frères, sœurs… mais aussi éthiques (morales ?) sur la valeur de l’être humain : s’il est handicapé, petit, blessé, mourant, sans voix ou sans forme, perd t-il le droit à la vie ??

Autre
Une question qui se pose aux cliniciens en pédiatrie et concerne les gamètes des enfants.
1. contexte : pour certains enfants traités par chimiothérapie haute dose (et donc menacés très majoritairement de stérilité), un prélèvement de gamète est proposé en vue d’une utilisation future chez le patient devenu adulte. Ces pratiques nécessitent un encadrement précis en termes de recherches, de consentement et d’accompagnement de l’enfant hautement vulnérable. Elles font l’objet de recherches
2. question : est-il prévu des dispositions législatives spécifiques sur ce sujet du stockage des gamètes des enfants ?
Est ce d’actualité et raisonnable de prévoir la révision des lois de la bioéthique tous les 5 ans ?
Organisation et impact du forum
Quel sera l’impact de ce forum sur la rédaction de la future loi ? (Quelle information va remonter au parlement ?)
Pourquoi face à la demande claire des réponses relatives à l’éthique de la part du panel, aucun philosophe moral n’ait été invité ?

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